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Une culpabilité qui pèse lourd

Le mot d'ordre qui m'a suivi pendant toute ma maladie est la CULPABILITE. Une culpabilité a plusieurs niveaux. Et cette culpabilité est un poids qui m'a entrainé dans le fond.
Je culpabilise beaucoup au niveau de la nourriture. Le « régime » que j'ai entrepris depuis septembre, ces troubles alimentaires sont ponctués par des sentiments violents de culpabilité.
Mon premier sentiment de culpabilité se fera lors de mon voyage à Londres en compagnie de ma mère et de ma s½ur durant les vacances de Toussaint 2004. Face à ma mère et ma s½ur, je me dois de faire comme si tout allait bien, je ne pouvais pas me permettre de sauter un repas afin de ne pas éveiller leur soupçon. Et là, c'est l'effet inverse de l'anorexie qui se produit. J'ai tellement jeûné pendant plusieurs mois que j'ai des pulsions de nourriture. Je mange beaucoup le matin et le midi. Je mange jusqu'à en avoir mal à mon estomac qui n'a pas l'habitude de ce trop-plein de nourriture. Je me souviens d'un midi où l'on mangeait dans un restaurant, j'ai mal au ventre, j'ai l'impression que mon estomac va exploser. Alors, je me lève, je prétexte une envie pressente et je me dirige aux toilettes pour remédier à cette douleur. Je tente alors de me faire vomir. Je n'y arrive pas. Je n'ai jamais aimé vomir et ce depuis toute petite. Et là me voila, au dessus de la cuvette, les doigts dans la bouche pour tenter d'extraire cette nourriture de mon corps. Je suis hésitante à vomir et mon sentiment de dégoût face à cet acte remporte la partie face à mon courage. Et je ressors des toilettes le ventre encore plein mais surtout avec ce fort sentiment de culpabilité, la culpabilité d'avoir mangé. Ma culpabilité se traduit par des pleurs, de la colère mais aussi de la violence par rapport à mon corps. Plus tard ma mère m'avouera que le fait que je ne me fasse pas vomir était un garde fou pour elle car elle me connaît et elle sait que je n'aime pas vomir. Si j'avais passé cette étape là, elle m'a dit que les espoirs de guérison étaient minces.
Lorsque j'ai des pulsions de nourriture, je pleurs beaucoup car je m'en veux d'avoir mangé, d'avoir "succombé à la tentation" de la nourriture. L'anorexie c'est un peu un sentiment de contrôle de soi : j'arrivais à contrôler et à décider de mon apport de nourriture. Mais lorsque je mangeais trop, c'était comme si je n'arrivais plus à contrôler quoi que se soit, mes pulsions prennent le dessus sur ma volonté : je me sens impuissante. Je craque seule face à mon miroir qui me renvoie une image négative de moi. Je pleurs mais pleurer ne fait pas avancer les choses. Et donc je vais me faire violence, je vais faire violence à mon corps. Je vais alors me contraindre à faire du sport : de la marche, de la course, des exercices pour les abdominaux et les fesses. Bref, il faut que j'élimine tout ce que je mange. A côte de ces exercices supplémentaires, je fais de la danse et de l'équitation. Les jours où je ne fais ni de la danse, ni du cheval, je cours, je marche, je m'épuise. Tous les soirs, je me contrains à 100 abdos. Je pratique aussi une autre violence sur mon corps : je sers mon ventre avec une ceinture, je brutalise aussi mon corps en le frappant. Je me donne des coups de poings dans le ventre, les cuisses et les fesses car j'ai l'impression que cela le renforce. Je tire sur ma peau pour pouvoir décoller et éliminer le gras que je vois partout. C'est là que les expressions « se faire violence » et « il faut souffrir pour être belle » prennent tous leurs sens.
Une culpabilité qui pèse lourd

# Posté le lundi 22 janvier 2007 07:37

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