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1 an pour 9 points (suite)

En ce début d'année, avec ma s½ur, on veut franchir une étape qui nous trotte dans la tête depuis longtemps déjà : un tatouage. On décide alors de se faire le même tatouage au même endroit et le même jour. Pour nous, on voulait un signe sur notre gémellité mais rien ne nous plaisait vraiment. On se met d'accord sur un signe tribal et sur l'endroit où on veut le faire : l'omoplate droite. Le jour tant attendu arrive et ma s½ur se fait tatouer en première c'est à moi par la suite. Lorsque je découvre mes épaules, ma s½ur s'exclame : « T'as vu tes épaules ? T'es maigre. On voit tes os. C'est moche ». Moi je lui dis que non, tout va bien. Quand l'aiguille me pique, j'ai mal car je n'ai que la peau et les os. Mon tatoueur trouve aussi que j'ai la peau très fine, signe de ma maigreur.
Ma lente descente aux enfers ne se fait que lorsque je suis au lycée car là bas mes parents ne sont pas présents, je peux gérer ma vie comme je le souhaite et il n'y a personne sur mon dos pour me dire : « mange ça » « tu n'as rien mangé aujourd'hui ». Bien sur mon comportement ne passe pas inaperçu envers les personnes qui me côtoient tous les jours : Martin qui me connaît depuis deux ans ainsi que Maxime. Sandrine, la surveillante avec qui je travaille les midis le remarque et me demande ce que j'ai mangé le midi. Après avoir supprimé le repas de matin, je vais progressivement supprimer mon repas du soir ou l'alléger par un repas très diététique. Le week-end, lorsque je rentre chez moi, je me débrouille pour que mes parents pensent que j'ai mangé : les matins, je me lève assez tôt et donc je fais croire que j'ai mangé en sortant de la nourriture sur la table, les midis, je prétexte que j'ai trop mangé pour manger un minimum et le soir, je dis juste qu'il faut que je mange léger sinon je n'arrive pas à dormir.

Ce début de maigreur commence à se remarquer. Tout d'abord physiologiquement : je n'ai plus mes règles depuis début septembre. Je suis assez contente car ne plus avoir mes douleurs menstruelles était vraiment une libération. Pourquoi je n'ai plus mes règles parce que lors de mes journées de jeûne à répétition, mon corps doit lutter pour vivre et donc il ne peut pas se permettre de « perdre du sang ». A partir de ce moment la, mon corps est en survie. Mais moi je n'ai pas du tout conscience de cet aspect négatif, je vois juste le fait que je vais être tranquille tous les mois.
Les os visibles, l'aspect « peau sur les os » ne sont que la partie immergée de l'iceberg « anorexie » car ce qu'on ne voit pas ce sont les dérèglements physiologiques que cela entraine qui peuvent avoir des répercutions à long terme. Mais pour le moment, je ne vois rien, je n'en ai pas conscience de ça. Le rapport que j'entretiens avec mon corps est conflictuel voir douloureux.

Mais revenons à mes études. Après mes premières notes qui sont juste correctes, je me lance corps et âme dans mes cours afin d'augmenter mes notes. J'ai déjà loupé mon bac je ne vais pas encore échouer à cet examen. Alors, je vais travailler. Après ma journée de cours où je finis généralement à 17h, je profite de la pose jusqu'à 17h30 et ensuite je monte dans ma bulle qui s'appelle chambre afin de étudier et cela jusqu'à 19h (heure du repas). Après le dîner, je me rends au foyer pour faire mon taff de présidente et « serveuse ». Enfin, je remonte dans ma chambre jusqu'à ce que les collégiens rentrent dans l'internat. Je suis bien dans cette chambre, je suis seule, je fais ce que je veux bref un avant goût de liberté qui va me conduire à une solitude bien plus profonde. Je suis la seule à avoir ce privilège de me rendre dans ma chambre, tous les autres internes qu'ils soient collégiens ou lycéens sont obligés de rester en étude.

(ce chapitre n'es pas tout à fait fini donc il va être suceptible d'être modifié)

# Posté le lundi 22 janvier 2007 07:18

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