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1 an pour 9 points

La rentrée s'annonce et j'y vais à reculons. Je n'ai pas envi d'y aller car je ne connais que très peu mes nouveaux camarades de classe qui sont plus jeune que moi. J'ai 2 ans d'écarts avec eux. Je les trouve gamins et je n'ai pas envi de me mêler à eux. Dans ma tête je me dis : dans la classe, je vais me mettre toute seule comme ça je ne serais pas «emmerdée ». Déjà que je n'ai pas envi d'être là, je ne vais pas faire des efforts pour m'intégrer dans une classe qui se connaît depuis déjà un an. Dans la classe, on est 11 donc les groupes sont déjà faits.
Comme depuis 4 ans déjà, je suis interne. L'internat, je connais, j'ai mes repères, j'ai un bon feeling avec la surveillante Chantal. Mon responsable d'internat, Jean-François Douenne, me nomme pour la 2ième année consécutive, « élève-maître » c'est-à-dire que je suis surveillante le midi et le soir. Je m'occupe des élèves de sixièmes afin qu'ils aient des repères, qu'ils ne sentent pas trop perdus. Je suis aussi une sorte de confidente, j'essaie de les conseiller sans pour autant perdre mon autorité. Je ne suis pas la seule élève-maître : chez les garçons ce sont Martin et Maxime qui sont désignés.
Mais je sens que j'ai beaucoup d'avantages cette année en étant redoublante et élève-maître car on me confie la clef de l'internat où je peux me rendre quand bon me semble, j'ai des privilèges. Je sens que mon lycée veut essayer de me faire atténuer mon sentiment d'échec pour que je puisse passer une bonne année. C'est très gentil de leur part mais ça va contribuer à ma chute dans la maladie. Etant très présente dans mon lycée, je suis également présidente du Foyer Socio-Educatif (FSE), de plus je suis la seule fille avec tous ces garçons : ça me plait !
A la rentrée, on remarque que j'ai minci. Je suis contente et j'explique que c'est dû à mon travail et que tout va bien. Moi je ne me trouve pas si mince que ça.

Une semaine après la rentrée, les cours attaquent vraiment : la philosophie, la littérature, l'anglais... C'est très dur pour moi de travailler car je m'ennuie en cours, je connais déjà le programme. J'ai l'impression de perdre mon temps au lycée. Je suis frustrée car j'aurais aimé changer de vie pour une fois, quitter le lycée, prendre mon indépendance, aller à la fac, côtoyer des personnes de mon âge, faire des expériences... bref vivre une autre vie. Mais ce n'est pas possible, il me faut d'abord décrocher ce fameux sésame qui m'ouvrira les portes de ce futur qui me tente tant. Alors il ne me reste qu'une solution c'est de TRAVAILLER, travailler et encore travailler. Mes premiers résultats scolaires sont satisfaisants mais on me dit que je peux faire mieux.
Pour me changer les idées, je m'inscris au conservatoire national de danse pour apprendre la danse contemporaine : j'ai cours le lundi soir. Ces cours sont une échappatoire, je peux quitter le lycée pour me rendre à pied au conservatoire. J'aime bien, je me vide la tête, je rencontre d'autres personnes qui sont... plus jeune que moi (encore !!). Je redécouvre mon corps mais je découvre aussi que j'ai des muscles qui n'ont pas travaillé depuis longtemps (cela faisait cinq ans que je ne faisais plus de sport régulièrement). C'est assez douloureux. Je me souviens que le lendemain de mon premier cours de danse j'ai eu des courbatures pendant près de trois jours. Aïe ! Mais bon c'est le prix à payer pour entretenir ce corps qui ne me satisfait pas.
J'arrive à combiner la danse et les études. Les soirs, je travaille au foyer et ensuite je surveille les gamins lorsqu'ils montent à l'internat. Et après je m'enferme dans ma chambre individuelle (de huit mètres carré) pour faire mes devoirs, réviser mes cours. Je me coupe peu à peu des autres internes. Cette chambre c'est un peu ma bulle, une bulle hermétique où je ne laisse rentrer personne.
Les matins j'avais pris l'habitude de me lever à la dernière minute et donc de ne pas déjeuner. Ce n'est pas grave, je me persuade que je n'ai pas faim et que ce repas n'est pas essentiel. Et puis en cours je ne fais pas d'effort physique qui me permettrait d'éliminer les aliments que j'ingurgiterais si je mangeais. Donc je m'arme d'une bouteille d'eau afin de couper ma faim qui me tiraille le matin aux alentours de 10h lorsqu'on est en pose et que je vends des chocolatines et toutes sortes de confiseries au FSE. Au début c'est un peu dur mais je me force.
1 an pour 9 points

# Posté le lundi 22 janvier 2007 07:06

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