En 2004, j'ai 18 ans et je suis sur ma dernière année du lycée en terminale littéraire. Bien sur mon année est focalisé sur l'obtention de mon baccalauréat. Lors de cette année, un évènement va plus que me déstabiliser : la mort de mon grand père la veille de Noël 2003. La mort a emporté mon grand père d'une crise cardiaque foudroyante alors qu'il était en pleine santé. C'est dur car cela tombe juste au moment des fêtes de famille. Et nous on pleure la perte du membre fédérateur de notre famille. Je suis frustrée car le jour de la mort de mon grand-père je ne l'ai pas vu alors qu'il est quotidiennement présent chez moi. Je m'en veux car j'aurais voulu lui dire plein de choses et maintenant je dois les garder pour moi. Pendant plusieurs jours c'est le défilé chez ma grand-mère pour rendre un dernier hommage à celui qui était une forte tête à Pompadour et qui a contribué à la promotion de la race de chevaux emblématique de mon village : l'anglo-arabe. On enterre Papy le 27 décembre 2003, un mois jour pour jour après mes 18 ans. Des dates comme celles-ci ça marque. Mais la vie continue et je dois malgré tout penser à mes études.
Malgré quelques difficultés durant mon année, j'espère réussir mon examen mais là c'est une grande désillusion. La nouvelle tombe en cette fin du mois de juin: REFUSEE au deuxième tour. Refusée d'accord mais à combien de points? Je sais que j'avais 54 points à rattraper. Je me dis que je suis vraiment passée à coté de mon bac et que je suis « à la rue ». Lorsque je reçois mes notes à la maison, je n'en crois pas mes yeux : je suis refusée à 9 points. 9 points c'est rien, il aurait pu me le donner ce bac. Je râle, je suis dégoutée, je me dis que je n'étais pas faite pour les études et littéraires de surcroit. Je ne suis pas la seule à avoir échoué au baccalauréat, on est nombreux et ça chaque année. Mais là je me sens seule. Ma famille est très présente, elle me rassure, me dit que ce n'est pas grave et que ça arrive à tout le monde. Le baccalauréat c'est du travail mais aussi une grande part de chance. Mais cette fois-ci, la chance n'était pas avec moi ! Elle m'a abandonnée à l'entrée des salles d'examen.
Après cette nouvelle, pour le moins, déprimante, il me faut bien envisager mon futur, mon avenir, savoir ce que j'allais faire après les vacances d'été. Là c'est le dilemme : je recommence mon année de terminale ou non ? Je pèse le pour et le contre de cet échec. Je me dis que maintenant on ne peut pas faire grand-chose sans son bac. C'est vrai ! On met beaucoup d'enjeux sur cet examen, la pression est immense aussi : les professeurs, les parents mais aussi les médias (un grand nombre de JT consacre des reportages entiers sur la préparation, les épreuves et les résultats du baccalauréat). On a l'impression que cet examen est le passage obligé pour rentrer dans la vie d'adulte. Ma vie d'adulte j'ai envi de la connaître, je la touche des doigts mais elle s'est évanouie avec mon échec.
Après beaucoup de discutions avec ma famille (en particulier ma mère), mes amis et les enseignants de mon lycée, on me conforte que recommencer une année c'est la meilleure chose que je puisse faire. Ce serait idiot de s'arrêter là, sur un échec. Tous mes professeurs sont désolés pour moi, je les remercie de leur soutient, je me montre forte en plaisantant sur mon échec mais le mal est là au fond de moi. Je me retiens pour ne pas pleurer devant eux. Cet échec m'affecte beaucoup mais je ne le montre pas. C'est les vacances d'été, mon job m'attend.
Mon job d'été me fait relativiser. Je travaille dans un centre pour handicapés mentaux dans le service de la « Maison d'Accueil Spécialisée » (la MAS). La MAS accueille des handicapés très lourds dépendant des éducateurs. Au travail, j'oublie mes problèmes, mon échec pour m'occuper de ces personnes que la vie n'a pas gâté. Je relativise : ne pas avoir son bac ce n'est rien à côté de la souffrance quotidienne qu'ils endurent. Même s'ils n'ont pas conscience de leur état (sourd, muet, aveugle, automutilation, cris...), j'ai mal pour eux. Mais je fais tout pour leur apporter un peu de joie, de bonheur... Je me sens bien dans ce centre : je m'attache à ses personnes handicapées.
Cet été là, je cumule un autre travail qui me prend tous mes dimanches après-midi. Je n'ai pas le temps de souffler, ni même le temps de réfléchir, de penser qu'à la fin de l'été je vais revenir dans mon lycée pour recommencer une année. Mais c'est pendant cet été là, que je commence à me sentir mal dans ma peau. Physiquement, je ne m'aime pas. Alors j'entreprends de perdre un peu de poids. Rien de bien inquiétant. J'achète dans une pharmacie des « cachets qui font maigrir ». Je respecte bien scrupuleusement les indications pour prendre ces médicaments. Personne ne sait que je prends ce traitement, je le cache dans ma chambre, je le prends quand je suis toute seule pour éviter d'alarmer ma famille. Même ma s½ur, avec qui je suis très proche, n'est pas au courant de mon traitement. Au début de l'été, je pesais 51kg pour 1m61 (un poids tout à fait normal). Cet été là, je perds 3 kg : c'est normal je travaille beaucoup, je fais du sport (de la marche, de la natation...), je ne mange pas comme en hiver.
Je passe un bon été, je vois mes amies, ma famille, je sors de temps en temps bref une vie d'une jeune adulte. Je me trouve même un copain. Le mariage de mon cousin redonne le sourire à ma famille même si cette union était assez proche du décès de mon grand-père. Cet été me fait oublier ce bac loupé. Je suis bien. Mais l'été n'est pas éternel. Et la rentrée arrive à grands pas.
Malgré quelques difficultés durant mon année, j'espère réussir mon examen mais là c'est une grande désillusion. La nouvelle tombe en cette fin du mois de juin: REFUSEE au deuxième tour. Refusée d'accord mais à combien de points? Je sais que j'avais 54 points à rattraper. Je me dis que je suis vraiment passée à coté de mon bac et que je suis « à la rue ». Lorsque je reçois mes notes à la maison, je n'en crois pas mes yeux : je suis refusée à 9 points. 9 points c'est rien, il aurait pu me le donner ce bac. Je râle, je suis dégoutée, je me dis que je n'étais pas faite pour les études et littéraires de surcroit. Je ne suis pas la seule à avoir échoué au baccalauréat, on est nombreux et ça chaque année. Mais là je me sens seule. Ma famille est très présente, elle me rassure, me dit que ce n'est pas grave et que ça arrive à tout le monde. Le baccalauréat c'est du travail mais aussi une grande part de chance. Mais cette fois-ci, la chance n'était pas avec moi ! Elle m'a abandonnée à l'entrée des salles d'examen.
Après cette nouvelle, pour le moins, déprimante, il me faut bien envisager mon futur, mon avenir, savoir ce que j'allais faire après les vacances d'été. Là c'est le dilemme : je recommence mon année de terminale ou non ? Je pèse le pour et le contre de cet échec. Je me dis que maintenant on ne peut pas faire grand-chose sans son bac. C'est vrai ! On met beaucoup d'enjeux sur cet examen, la pression est immense aussi : les professeurs, les parents mais aussi les médias (un grand nombre de JT consacre des reportages entiers sur la préparation, les épreuves et les résultats du baccalauréat). On a l'impression que cet examen est le passage obligé pour rentrer dans la vie d'adulte. Ma vie d'adulte j'ai envi de la connaître, je la touche des doigts mais elle s'est évanouie avec mon échec.
Après beaucoup de discutions avec ma famille (en particulier ma mère), mes amis et les enseignants de mon lycée, on me conforte que recommencer une année c'est la meilleure chose que je puisse faire. Ce serait idiot de s'arrêter là, sur un échec. Tous mes professeurs sont désolés pour moi, je les remercie de leur soutient, je me montre forte en plaisantant sur mon échec mais le mal est là au fond de moi. Je me retiens pour ne pas pleurer devant eux. Cet échec m'affecte beaucoup mais je ne le montre pas. C'est les vacances d'été, mon job m'attend.
Mon job d'été me fait relativiser. Je travaille dans un centre pour handicapés mentaux dans le service de la « Maison d'Accueil Spécialisée » (la MAS). La MAS accueille des handicapés très lourds dépendant des éducateurs. Au travail, j'oublie mes problèmes, mon échec pour m'occuper de ces personnes que la vie n'a pas gâté. Je relativise : ne pas avoir son bac ce n'est rien à côté de la souffrance quotidienne qu'ils endurent. Même s'ils n'ont pas conscience de leur état (sourd, muet, aveugle, automutilation, cris...), j'ai mal pour eux. Mais je fais tout pour leur apporter un peu de joie, de bonheur... Je me sens bien dans ce centre : je m'attache à ses personnes handicapées.
Cet été là, je cumule un autre travail qui me prend tous mes dimanches après-midi. Je n'ai pas le temps de souffler, ni même le temps de réfléchir, de penser qu'à la fin de l'été je vais revenir dans mon lycée pour recommencer une année. Mais c'est pendant cet été là, que je commence à me sentir mal dans ma peau. Physiquement, je ne m'aime pas. Alors j'entreprends de perdre un peu de poids. Rien de bien inquiétant. J'achète dans une pharmacie des « cachets qui font maigrir ». Je respecte bien scrupuleusement les indications pour prendre ces médicaments. Personne ne sait que je prends ce traitement, je le cache dans ma chambre, je le prends quand je suis toute seule pour éviter d'alarmer ma famille. Même ma s½ur, avec qui je suis très proche, n'est pas au courant de mon traitement. Au début de l'été, je pesais 51kg pour 1m61 (un poids tout à fait normal). Cet été là, je perds 3 kg : c'est normal je travaille beaucoup, je fais du sport (de la marche, de la natation...), je ne mange pas comme en hiver.
Je passe un bon été, je vois mes amies, ma famille, je sors de temps en temps bref une vie d'une jeune adulte. Je me trouve même un copain. Le mariage de mon cousin redonne le sourire à ma famille même si cette union était assez proche du décès de mon grand-père. Cet été me fait oublier ce bac loupé. Je suis bien. Mais l'été n'est pas éternel. Et la rentrée arrive à grands pas.