Après la nouvelle année, je tombe malade : j'attrape une angine et une gastro ce qui me contraint à aller voir mon médecin traitant : Mme Labach. Mais lorsqu'elle me voit, elle se préoccupe plus de mon amaigrissement que de ma gastro. Elle m'oblige à me peser dans son cabinet : je pèse 43kgs toute habillée. Ce n'est pas énorme. Bien sur, elle me demande ce qu'il m'arrive et je me mure dans mon silence. Elle me prescrit une prise de sang pour voir si je n'ai pas de carences. Une semaine plus tard, un samedi matin (je m'en souviens très bien, j'allais au cheval après) à 7h30, l'infirmière arrive et me fait ma prise de sang à jeun. Je ne suis pas fan des aiguilles donc je tourne un peu de l'½il mais bon c'est fait. Lorsque les résultats de la prise de sang arrivent 1 semaine plus tard je suis assez stressée car j'ai peur de découvrir que mon corps ne résiste pas à ce que je lui fais endurer. Mais contre toutes attentes, mes analyses sont bonnes, ils n'ont décelés aucune carence. Mais comment je fais ou plutôt comment mon corps fait-il pour vivre avec si peu de nourriture sans montrer de carences importantes ?
Suite à cela je revoie Evelyne qui me suit toujours pour mes TCA et pour mon poids. Noël est passé, j'ai un peu mangé pour ne pas alarmer ma famille et j'ai perdu un peu de poids. Je ne comprends pas : je remange un peu et je perds du poids. Je ne trouve pas ça normal mais je ne dis rien à Evelyne car je suis très contente de mon poids qui baisse sur la balance.
La conversation avec mon grand père m'a troublé et j'ai honoré le pacte passé avec mon grand père et je souhaite de ma propre volonté d'aller voir Martine pour taper de nouveau.
Ainsi le 21 Janvier 2005, je retourne voir Martine et je lui explique comment j'ai fait pour honorer le pacte avec Papi. Mais c'est là aussi où je lui parle de mes TCA et de ce corps que je n'aime pas, qui ne me convient pas et que je souhaite avoir tout maigre. Et on repart sur le clavier. Voici le deuxième texte : « Restitution des faits. Pourquoi ce problème de corps vu de l'extérieur, vu de l'intérieur, vu d'en bas, vu d'en haut ?? Comment vis-tu en centre, mon être profond, emmitouflé, enveloppé dans de la matière ? Peux-tu me dire en quoi tu as besoin de cette matière dense et encombrante pour moi ?? Qu'est-ce que chair, graisse et muscles peuvent bien t'apporter ?? En quoi cela te dérange que je souhaite ainsi être très, très, très mince ?? Peux-tu m'aider, toi mon maître intérieur, car moi, plus mon corps est discret, sculpté menu, mieux je me sens, bien que... Enfin aide-moi. Histoire entre nous, avec, sans aucun doute, quelques souffrances profondes non dévoilées, non reconnues, non dites, c'est ainsi. Je ne veux pas prendre de place importante. Je ne veux pas me faire remarquer. Je veux rester toute, toute, toute mince. Voila...
Peux-tu nous parler de tes ressentis pendant ton développement in utéro ?
Oui, je souhaite dire que c'était très réconfortant d'être blotties l'une contre l'autre, de pouvoir partager tout. Mais dans la profondeur, difficile aussi de se trouver entière, il y quelque chose qui relève du manque d'unité, de la différenciation impossible. Ma s½ur c'était la partie de moi qui rassurait, consolait, protégeait comme si moi seule ce n'était pas possible. Elle était moi et non différenciée et moi je ne me pensais jamais capable de lui apporter cela. Oui moi toute petite partie forte mais discrète et avec besoin de protection par contre.
Je lui insufflais puissance d'énergie interne, subtile et c'était comme si elle était moi, oui moi plus dans le subtil et elle plus dans matière, et comme un.
Alors la chute sur terre, la différenciation dedans, dehors, elle, moi, ce fut effectivement douloureux, déchirant même, comme si on m'enlevait un morceau de moi. Oui douloureux, très.
Les premiers jours de la vie
De l'amour mais aussi de la solitude car séparation brutale comme si Marie avait l'écorce et moi le centre et c'est peut-être cela maintenant. Un centre ça ne se voit pas, une écorce ça se touche, ça se regarde. Alors je crois comprendre que là, grandissante, j'aimerai mettre mon noyau plus en évidence parfois. Donc il faut que j'enlève des couches et des couches. Mais j'ai aussi la peur de la nudité et il ne s'agit pas de me faire remarquer pour ensuite ne plus avoir de protections sûres et réconfortantes. Oui c'est cela le dilemme maintenant. Comment laisser vivre mon noyau qui renferme ma vie intérieure, qui cache aussi mon maître intérieur ? Dis moi, toi maître ce qui est juste pour toi, pour moi... Dis-moi... Répons-moi merci.
Laura situation doit être éclaircie et restitution doit être faite. Moi je vis t'accompagnant toujours au fond de toi jamais de séparation possible mais nous sommes a des fréquences vibratoires différentes, toi la densité, la matière, moi en toi la grande force subtile. Nous sommes en accompagnement complémentaire tu as besoin de me sentir et cela ne peut se faire que si toi tu es en plénitude c'est-à-dire que si toutes les parties de ton corps sont en pleine vie. Comprends bien que pour cela tu as besoin d'énergie, d'air pour nourrir tes poumons et leur permettre de travailler et d'oxygéner tout ton corps, de chaleur pour que ton corps soit en rendement, d aliments qui se renouvellent, toujours filtrés par tes reins, broyés par ton estomac.
Quelle merveille, Laura, quand chaque organe joue son rôle car alors cerveau et noyau subtil sont en harmonie. Comprends-tu ??
Si tu souhaites me mettre plus en avant, nous ne pouvons qu'être complices pleinement conscients et non videment irresponsable, comprend cela Laura. Ton corps est magnifique et ton âme lumineuse a besoin de sentir, elle aussi, la fermeté dense de la matière. Nourris toi de mes paroles, abreuve toi de tout cela et retrouve pleine joie et bonheur de vivre dans un corps aimant, solide, vibrant, protégé et protégeant. Merci pour nous Laura.
Et fait de l'exercice pour entrainer aussi tous tes autres corps.
Merci à la rencontre du noyau. Merci. »