Mes peurs

Pendant la maladie, j'étais en survie permanente, un combat pour la vie et contre les démons de l'anorexie. Plongée dans la dépression, je cultive des peurs qui vont me pourrir. Ces peurs, je les ai constamment en tête, le jour mais aussi et surtout la nuit, tous les jours de la semaine exceptés les moments où j'allais monter à cheval. Lorsque j'étais au cheval c'était le seul moment où mon esprit était ailleurs, loin du quotidien pesant de ma vie de lycéenne.
Ma première peur est celle qui m'a fait tomber là dedans, c'est la peur de rater mon examen, la peur de l'échec. Cet examen m'avait causé beaucoup de torts l'année précédente, il m'avait humilié, rabaissé et fait douter sur mes capacités « intellectuelles ». Alors cette année, je voulais absolument prouver que je n'avais pas fait une terminale littéraire pour rien. Ma peur de l'examen, je ne le ressens pas pendant les cours car je me jette corps et âme dedans : je prends des notes, je fais le travail demandé et j'interviens en cours. Mais dès que l'on a des « Devoirs Surveillés », des contrôles, des devoirs maison, je stresse à l'idée de ne pas réussir, de ne pas savoir. Je stresse beaucoup pendant mes devoirs et surtout lorsqu'on me rend mes copies. J'ai tellement envi de faire bien que je me mets une pression supplémentaire, je m'en bouffe la santé car quand je stresse je ne mange pas. Déjà que je ne mange pas car je me sens mal dans ma peau, alors avec le stress, en plus, je me ruine, je me pourris la santé.
Le Bac Blanc arrive et il permet de montrer notre niveau, c'est aussi un peu un bilan sur nos capacités. Et là bien sûr, j'ai peur de ne pas l'avoir ce bac blanc. Les épreuves se passent mais je n'ai pas confiance en moi, en mes capacités (malgré mes résultats qui sont en hausses). Je mise beaucoup sur la philosophie car lors de l'échec de mon précédent bac, j'avais eu 5/20 et de toute façon je ne pouvais pas faire pire. De plus cette matière est coefficient 7 donc elle n'est pas à négliger. Mais la philo s'est un peu aléatoire donc on ne sait jamais si on a réussi ou non. Mon Bac Blanc je l'ai eu avec mention AB !!! Ouf, je suis soulagée mais loin d'être rassurée car je doute : je me dis que j'ai eu de la chance, les sujets n'étaient pas trop dur et là je recommence à avoir peur.
Enfin lorsque l'échéance de l'examen du baccalauréat approche c'est intenable pour moi. Je suis épuisée physiquement car à ce moment, mon amaigrissement avait atteint un pic alarmant : 39kgs. Je suis fatiguée car je dors peu, je travaille beaucoup et je m'épuise en faisant beaucoup de sports (toujours dans l'idée d'un corps qui ne me plait pas). Le lycée nous « lâche » une semaine avant la première épreuve. Alors je rentre chez moi, je m'étais fait un planning de révision assez intense afin d'être potentiellement prête pour l'examen. La veille de mon épreuve de philosophie, je dors au lycée et c'est le seule jour où je me permets de ne rien faire, où j m'autorise à penser à moi et à faire autre chose. Ca me fait beaucoup de bien et je me couche dans le calme sans inquiétudes, j'oublie même que demain c'est le début de mon bac. Le lendemain matin, je vérifie si j'ai tous mes papiers administratifs nécessaires et je me rends seule, à pied afin que rien ne vienne me troubler. Arrivée au centre d'examen, je retrouve ceux de ma classe et de mon lycée et là je stresse, j'angoisse, je doute, j'ai l'impression de ne plus rien savoir, de n'avoir plus aucune références philosophiques et de ne plus connaître la méthodologie nécessaire pour faire des dissertations. Après avoir trouvé ma salle et ma place, les sujets nous sont distribués. Je vois le premier sujet : « Le juste et l'injuste ne sont-ils que des conventions ? » A la lecture de la question, j'ai limite les larmes aux yeux. « Le juste » et « l'injuste » je ne l'ai jamais vu en cours, « convention » je ne sais même pas ce que ça veut dire. Lorsque je lis le deuxième sujet, mes peurs s'envolent et je reprends confiance en moi : « le langage ne sert-il qu'à la communication ? » Ouf ! Un sujet sur la communication, le dernier chapitre que l'on a étudié et que je connais parfaitement (les problématiques générales, les références philosophiques, les philosophes...). J'établis un plan, je rédige et je sors au bout de 4h. Je sors du centre d'examen en hurlant tellement j'étais contente. Je retrouve ma professeur de philosophie, Mlle Renaudie, et je lui montre mon brouillon avec mon plan et mes arguments ainsi que mes références. Là elle me rassure en me disant que cela lui semblait bon et bien construit. Je suis contente, soulagée et prête pour les autres épreuves qui s'enchaînent à un rythme d'enfer. Cette année, j'ai souhaité repasser mes épreuves de français ( bac 2004, 5 à l'écrit et 10 à l'oral). Bien sûr, cela m'a donné des cours supplémentaires à réviser mais bon, au point où j'en étais !! Après mes épreuves écrites c'est au tour de l'oral : français et anglais. Le français se passe très bien mais l'anglais non. Pourtant en anglais, je me débrouille, je sais le parler et je le maîtrise assez bien mais là je n'ai rien maîtrisé du tout, j'ai perdu tous mes moyens. Je sors de la salle complètement déprimée. J'appelle mes parents en pleurs pour leur dire que j'avais tout loupé et que je n'aurais jamais mon bac. Alors sur le chemin entre mon centre d'examen et mon lycée, je fais des pronostics sur mes notes pour savoir si j'aurais mon bac ou non. Le moindre incident peut prendre des proportions énormes et me déstabilise beaucoup. Je suis en stress, en pleur, déprimée et surtout très fatiguée. Au lycée, je vois mon CPE qui me demande comment ça s'est passé et là je m'effondre en larme et je lui fais part des mes doutes et de mes peurs. A ce moment là, je suis sûre de ne pas avoir mon bac. Mais maintenant les examens sont terminés et je ne peux pas revenir en arrière, les dés sont jetés.
L'attente des résultats est longue, j'angoisse car je sens que tous les plans que j'ai mis en place pour mon futur (un BTS Tourisme) vont s'effondrer à l'annonce des résultats. Je suis mal, très mal, je ne me sens pas bien, je n'ai qu'une envie : c'est de n'être plus là afin d'éviter de décevoir de nouveau. Le jour des résultats c'était également le premier jour de travail au centre pour handicapés mentaux et de plus je travaillais du soir (14h – 22h). Donc je n'avais aucun moyen pour savoir si j'avais eu mon bac. Le midi à la TV, on voit des lycéens avec leur résultat et donc je me rue sur le minitel mais là déception, les résultats ne seront communiquer qu'à partir de 16h. Donc je vais travailler avec la boule au ventre mais surtout en sachant que je ne saurais la nouvelle qu'après 22h car il n'y a aucun moyen de me contacter, les portables ne passent pas. Au travail, les collègues sont très gentilles, me rassurent et me disent même que j'aurais dû demander mon jour pour aller voir mes résultats. Vers 16h, le téléphone du service sonne et pour plaisanter, avant de décrocher, ma collègue me dit : « Je paris que c'est pour toi ! ». Mais bien sûr ! Elle décroche, parle et me dit : « Laura c'est pour toi, c'est ton père » Là, la peur m'attrape, je tremble, j'angoisse, que va-t-il me dire ? Et Papa me dit que j'ai mon bac, ma s½ur est allée voir les résultats sur place au centre d'examen, et là comble du bonheur, j'ai mon bac avec mention Assez Bien. Je pleurs de joie, je suis super heureuse, mes parents me félicitent, disent qu'ils sont fières de moi. Mes collègues sont contentes pour moi, me félicitent aussi. Lorsque je débauche, mon portable ne cesse de vibrer à la réception de textos et de messages sur mon répondeur : des amis, des professeurs me félicitent. Qu'est-ce que je suis heureuse ! Je rentre à la maison, ma s½ur me dit qu'elle aussi a eu son bac. Je suis contente pour elle mais au fond de moi, je suis un peu dégoutée car Marie n'a rien foutu pendant 2 ans et elle a eu son bac STT du premier coup alors que moi j'ai trimé, bousillé ma santé pour avoir mon Bac L avec mention. J'aurais voulu qu'elle soit à la repêche juste pour qu'elle travaille au moins une fois dans sa vie. Mais bon c'est comme ça. On fête nos réussites ensemble, et bien sûr la peur de l'échec s'en va. Je suis bien mentalement, mais physiquement je subis les conséquences de mes stress, de mes angoisses qui s'ajoutent à mon mal être physique.
Mes peurs

# Posté le mercredi 31 janvier 2007 02:40

Mes peurs (suite et fin)

Pendant deux ans, j'étais bourrée de peurs. J'avais une peur récurrente liée à mon état physique qui apparaissait le jour mais aussi la nuit. Il m'est souvent arrivé de rêver de perdre mes dents, que mes dents se déchaussaient et là je me réveillais en pleurs, en sueur. Non, je ne veux pas me retrouver sans mes dents. Mais c'est inévitable. J'ai beaucoup maigri et j'ai surtout des carences en magnésium, en calcium. Et c'est vrai, j'ai mes dents qui bougent, qui s'effritent. C'est atroce mais c'est ce qui m'arrive. C'est une peur atroce. Je suis en train de payer de mon physique les conséquences de mes jeûnes à répétition et des états de stress. De plus, je perds aussi mes cheveux. Mess cheveux sont ternes, fins et fragiles. Ils tombent, restent accrocher sur la brosse. Quand je me les lave, je les perds par poigné. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? J'ai l'impression de mourir de l'intérieur. J'ai déjà perdu les éléments qui font que je suis une femme : mes formes, mes fesses, ma poitrine, mes règles. Je ne veux pas ressembler à « un déporté » (c'est aussi comme ça que l'on m'appelait). Je pleurs car quand j'ai commencé à maigrir, je n'avais pas pensé que cela aurait pu me mener à être un fantôme sans cheveux et sans dents, sans formes... C'est une angoisse car l'issue fatale de tout ça c'est la mort. Et c'est une mort avec beaucoup de souffrances que ce soit physique ou morale. Mais moi quand je voyais ma mort, je l'imaginais en étant vieille dans mon sommeil sans souffrances. C'est vraiment une peur de tous les instants car à un moment, mon corps ne pourra plus tenir. Et pour m'en sortir, il m'a fallu me battre contre mes peurs mais surtout il m'a fallu une volonté de fer. J'avais même envisagé de me laisser aller dans la maladie pour qu'on puisse me laisser tranquille, que la mort vienne me chercher depuis le temps qu'elle m'attendait.
Enfin la dernière peur qui me tiraillait, c'était la peur de perdre mes amies, mes proches, ma famille... En effet, mon comportement était difficile à gérer et à comprendre pour mes amies. Elles avaient du mal à accepter mon comportement car elles me connaissaient depuis toujours et surtout elles m'ont connu en bonne santé. Elles essayaient de me faire réagir, de me faire prendre conscience de mon corps mais c'est peine perdue car j'étais un mur, je niais mon comportement. Elles me considéraient un peu comme une charge, un boulet à trainer, à s'occuper aussi, auquel il fallait penser quand on sortait. Un jour, après un repas chez une de mes meilleures amies, je me suis sentie étrangère à mon groupe d'amies, mais aussi rejetée. Alors quand je suis partie, je me suis mise à pleurer car j'ai pris conscience que j'étais en train de perdre mes amies. Ca m'a foutu une grande claque dans la gueule. L'anorexie isole beaucoup car c'est une maladie très difficile à comprendre et à accepter pour les autres. Donc, je me suis vraiment isolée dans mon trouble du comportement alimentaire aux dépens de mes amies.
La peur de perdre ma famille se fait sentir aussi quand ma mère excédée par mon comportement, me dit que si je ne me ressaisis pas, c'est direction l'hôpital. Peur de l'hôpital car pour moi c'est synonyme de coupure, je vais être isolée dans cet établissement, je vais quitter ma famille mais surtout mon centre équestre, seul endroit où je me sens bien, mon petit cheval Kilime qui m'a tellement aidée. Je n'ai pas envi que mon environnement si nécessaire et important pour moi me quitte à l'entrée de l'hôpital. Je n'ai rien contre les traitements médicaux pour les anorexiques dans les hôpitaux mais moi je ne veux pas. Je suis trop attachée à ma vie chez moi. Même si j'ai atteint un seuil critique pour ma santé, je ne veux pas. Et puis si ma mère m'y avait mis sans m'en parler, je l'aurais pris comme une trahison, un coup bas pour ma santé. Je sais très bien et ma mère aussi que si j'avais été envoyé à l'hôpital, je n'aurais rien fait pour guérir, je me serais complètement plongée dans la maladie car les seules choses qui me maintenaient la tête hors de l'eau n'étaient plus avec moi. L'envi de vivre je la maintenais grâce à ma famille, mes proches, mon centre équestre et surtout ma passion pour l'équitation et l' « amour » que je porte pour Kilime. Je n'aurais pas eu tout ça, je serais parti de cette terre.

Ces peurs sont des poids énormes, des démons qui sont constamment présents pour te mettre la tête sous l'eau, pour t'empêcher de vivre. L'anorexie c'est ça : des peurs, des angoisses permanentes, des sentiments extrêmes, un rien peut nous faire basculer. C'est aussi une fragilité constante, un caractère à fleur de peau.


(photo de moi lors que j'avais atteint le seuil critique des 39kgs. Photo prise à disney land.
Mes peurs (suite et fin)

# Posté le mercredi 31 janvier 2007 05:44

Un grand merci

Je tenais à vous remercier pour toutes les visites et tous les com's que je reçois.
Depuis la création du sky, le 21 Janvier, j'ai reçu 660 visites et 36 commentaires. C'est un très bon début pour ce sky qui n'a que 24 jours!

Merci à VOUS

Laura

# Posté le mardi 13 février 2007 03:46

La chance

Je me considère comme une chanceuse, une grande chanceuse. Malgré ce gouffre dans lequel je suis, dans lequel je me complais, ma guérison est due à une chance. Lorsqu'on est au fond, on a deux choix : soit on y reste et on se laisse aller dedans, soit on tape fort pour remonter à la surface.Cette maladie m'a enfoncée dans un sentiment de solitude mais autour de moi, j'ai une famille, des amis, un entourage, qui me poussent à guérir.
On ne peut pas s'en sortir toute seule même avec la plus grande volonté du monde. C'est en cela que je suis allée voir celle qui me suit depuis mon enfance car je suis soignée par médecine douce et traditionnelle. C'est ma mère qui m'a forcé à aller voir Evelyne pour mon comportement alimentaire. Moi je n'avais pas envi d'y aller mais je m'y suis rendue pour faire plaisir à maman. Dans son bureau, Evelyne me pose une question : « Qu'est-ce qui ne va pas ? » Moi je réponds incrédule que tout va bien. Et c'est en ce moment là, qu'elle me sort la phrase qui sera gravée pour toute ma vie dans ma tête : « Tu sais que l'issue de ton comportement c'est la mort. C'est ça que tu veux ? MOURIR ? » Là, je m'effondre en larmes, je n'avais pas pensé à cela, mais c'est ce qui m'attendait si je ne réagissais pas immédiatement. Je n'ai pas envi de mourir, je suis trop jeune pour cela, je n'ai pas encore accompli ce que je voulais faire. Cette réalité m'arrive droit dans la figure comme une claque. Et c'est à partir de cela que je vais parler, lui expliquer mon comportement, mes troubles alimentaires mais aussi mes peurs. Evelyne m'écoute, elle tente de comprendre ce qui m'arrive et pourquoi cela m'arrive. C'est très dur de se confier même si elle me connaît très bien, je lui explique avec beaucoup de douleur ce sentiment d'impuissance face à cette année scolaire que je subis, mais aussi le fait que je me sente nulle face à l'échec de mon bac à si peu de points.
Concernant mon comportement vis-à-vis de la nourriture, je lui décris une journée type de mon jeûne au lycée : un petit déjeuner passé à la trappe, un déjeuner plus que minime (une entrée de crudités et un fruit) et un dîner très léger (un potage ou une entrée de crudités). Je lui fais aussi la liste de tous les aliments qui j'ai banni de mon alimentation car je les avais jugé trop gras, trop sucré bref susceptible de me faire grossir. C'est aussi à partir de ce moment là que je deviens végétarienne. C'est vrai que ma maladie m'a fait devenir végétarienne mais je n'ai jamais été très friande de viandes ni de poissons d'ailleurs. Je me souviens, quand j'étais plus jeune, mes parents devaient me faire cuire et recuire ma viande pour que je puisse la manger. Si par malheur, il y avait, ne serait-ce qu'un peu de viande cru, je ne la mangeais pas. Et donc en grandissant, l'envi de manger de la viande c'est atténuée. Depuis je suis réfractaire à l'idée de manger un animal, je tourne même de l'½il devant l'étale du boucher !!
Pour moi, les aliments que j'ai bannis ne sont pas essentiels à mon organisme, je peux tout à fait m'en passer. Alors mon alimentation se résume aux fruits et aux légumes (j'ai même supprimé les féculents). Ainsi, Evelyne va me constituer un planning de nutrition avec les aliments que j'aime. On remplace les protéines animales (contenues dans la viande et le poisson) par des protéines végétales. Et elle me conseille de faire cinq petits repas par jour car je n'arrive pas à faire un repas complet. Pourquoi ? Parce que mon estomac a énormément rétréci. Il est devenu très petit et surtout incapable de travailler normalement. C'est en cela qu'Evelyne me conseille de manger cinq fois par jour. Mais il y a un problème, pour moi cinq fois par jour c'est énorme, je ne peux pas le faire. Déjà que je ne fais pas trois repas alors cinq c'est carrément pas la peine d'y songer. Pour moi, tous les efforts que j'ai faits pour perdre du poids vont être anéantis par ce planning qui va me faire prendre du poids alors que je ne veux pas. Je me trouve encore grosse, je vois du gras partout et 44kgs c'est trop lourd. Ce corps ne me plait pas. Mais je ne fais pas transparaître ce sentiment face à Evelyne et donc je m'engage à suivre ce planning. Cette nouvelle nutrition, je vais la suivre pendant une semaine. Au lycée, tout le monde est content de me voir enfin manger. Mais je n'arrive pas à faire cinq repas par jour. Manger entre les repas est quelque chose d'inconcevable que je ne fais plus depuis trois ans. En effet, lorsque j'étais en seconde, je mangeais tout le temps (environ 7 fois par jour), et donc à cette époque là, je pesais près de 60kgs pour 1m60, je portais des lunettes et j'avais un appareil dentaire ! Quand j'ai décidé d'arrêter de grignoter entre les repas et de manger des cochonneries, j'ai perdu mes kilos superflus. Et à partir de ce moment là, je ne mange plus entre les repas. Ainsi cette incapacité à manger entre les repas, je vais la dire à Evelyne deux semaines après notre premier rendez-vous. Elle me comprend et modifie quelque peu mon planning. De plus, elle me conseille d'aller voir une « thérapeute » afin de comprendre ce qui m'arrive. Je vais faire une séance de psychophanie. La psychophanie ? Qu'est-ce que c'est ? Cette pratique est utilisée avec des personnes handicapées, des autistes qui ne peuvent pas communiquer oralement : « C'est une pratique qui permet à toute personne d'accéder à un registre émotionnel, affectif, existentiel, à des zones difficiles à exprimer par la parole. Dans une intention thérapeutique, la Psychophanie permet la mise en relation d'inconscient à inconscient et fait émerger l'expression écrite des ressentis profonds et des émotions du facilité. » Avec une ordinateur, la psychologue tient la main et sent sur quelle lettre il faut taper. Ainsi la personne fait parler son moi intérieur et écrit un texte. Lorsqu'on se rend chez Martine B, le 19 Novembre 2004, j'étais vraiment retissant à cette pratique car je ne voyais pas ce qu'elle pouvait m'apporter. Martine B me demande si je veux que ma mère reste avec moi et je réponds que je souhaite rester seule avec Martine. Alors commence la séance. Elle débute en me posant des questions sur mes ressentis, mes sentiments sur l'approche de Noël. Ce Noël est un Noël assez spécial car on va « fêter » les un an de la mort de mon grand-père. A peine avoir répondu à es questions, je me mets à pleurer. Ca commence bien ! Et c'est à partir de ce moment là que l'on commence l'écriture. Martine est un lien entre mon « moi » intérieur et le clavier de l'ordinateur. Et le premier texte le voici : « Sûre de moi s'est envolée et toute petite fille perdue je me sens flottante, déracinée comme abandonnée par cette joie qui m'accompagnait, comme trahie aussi par une confiance intérieure. Voila ce lamentable tableau de moi, être déracinée de mes convictions, et en détresse... Et je demande aide et secours pour à nouveau croire en moi et redevenir positive et joyeuse. Merci de m'y accompagner. Merci.
Je suis en grande phase d'évolution en fait et Papi je tins tout d'abords à te remercier toi qui était si confiant, si entreprenant si glorifié je dirais même auréolé. Oui, toi Papi, je veux te remercier et te dire que ton apparent départ va me faire grandir. Phase d'évolution très dure pour moi car pertes de valeurs sûres et mise en avant de la fragilité suis une apparence de force sur aussi l'aspect de lumière qui est camouflé sous l'ombre. Papi tu me manques et je me suis sentie très dérapante depuis. Tu vois neuf neuf neuf chiffre de passage chiffre de nouveau cycle. Je crois que je suis entre deux cycles, assise entre deux chaises si tu veux, et c'est dur dur dur. Je voudrais toucher l'autre rive, je voudrais que tu me tendes la main comme moi je la laisse glisser sur le clavier. Peux-tu me donner de tes nouvelles ? Peux-tu me dire comment tu te sens, ce que tu vis ? Peux-tu me dire si tu peux m'aider ?? Réponds-moi s'il te plait.
Ma petite Laura garde foi en la vie. La vie sur terre est difficile mais tu as en toi beaucoup de courage, de force cachés qui cherchent à être réveillés. Laisse-moi doucement poser ma main sur ta tête pour que tu prennes appui et que tu te redresses. Oui redresse toi Laura, et regarde loin devant toi pour grandir et apercevoir de la lumière guidante. Reprends ta joie en c½ur dans ma main sur ton front. M'entends-tu ???
Hier tu étais enfant de joie, de pure joie et tu as commencé à toucher la rudeur de la vie terrienne. Vous êtes venues à deux, vous serrant les coudes pour être plus déterminées et puis aussi influences génétiques. Maintenant tu ressens l'individualité, la personnalisation, la solitude aussi comme être très indépendant et aussi très relié autrement plus haut, plus grand. La voila l'autre rive. Es-tu prête ??? Oui tu vas y arriver.
Complice avec moi agis en sorte que vingt quatre décembre soit célébré en innovation de ma nouvelle vie et non en regret d'anniversaire. Laisse toi aller à de la créativité de jeunesse et d'avenir pour bien sugifier (suggérer signifier) à la famille que je vais bien et que tristesse n'est pas attendu au rendez-vous. Je vais t'envoyer de la force pour cela et toi laisse toi guidée par ton intuition et ta jeunesse. D'accords ???
Aide moi vraiment Papi, que je sois à la hauteur de grande Laura et aussi à ta hauteur car toi tu t'es élevé et moi je me suis laissée élever, scotcher à la dense terre. Donc aide-moi Papi. Je suis ok pour cette complicité qui fait battre mon c½ur pour deux : le tien et le tien qui doit à sa façon vibrer quelque part. Merci pour ce beau message et ton amour. Merci Papi. Je suis surprise mais très heureuse, nourrie déjà de tes racines célestes qui vont vraiment m'aider à ressentir ma vie autrement et à vivre plus ouvertement, comme libérée d'un lourd fardeau de...culpabilité. Je décide de lâcher ma culpabilité et de souffler dessus pour qu'elle s'envole et qu'elle se transforme, transforme, transforme en confiance.
Merci Papi
Gros Bisous
Laura Grandissante...
»
Je lis le texte avec beaucoup d'attention mais dès que je vois le mot « papi » je m'effondre en larmes. Papi me manque atrocement (c'est d'ailleurs marqué dans mon texte) je me sens seule sans lui, je suis perdue car sa présence n'était nécessaire. Je suis également très déstabilisée de converser avec lui. Cela m'effraie mais aussi me rassure sur l'état de mon grand père. Le pacte que je conclue avec Papi me laisse dubitative mais je l'accepte en mémoire de ce grand père qui m'a tant apporté et maintenant c'est à moi de lui faire honneur. Ce texte montre également le mal qui commence à grandir en moi : « voila ce lamentable tableau de moi, être déracinée de mes convictions, et en détresse... » La maladie commence juste à s'installer mais n'a pas encore fait son nid mais surtout ne m'a pas encore pourri de l'intérieur car ce n'est que le début. A la fin de la séance, je suis soulagée comme si un poids était parti lorsque j'ai tapé, je me sens moins stressée qu'à mon arrivée chez Martine. Et je repars et sur le chemin du retour, j'explique à ma mère mon texte et on se met à discuter. Cela me fait du bien cette conversation, cette relation avec maman.
La chance

# Posté le jeudi 15 février 2007 08:13

Une guérison certaine

Une guérison certaine
Voici un montage afin de montrer l'état physique dans lequel j'étais durant ma maladie en comparaison avec maintenant.

# Posté le jeudi 22 février 2007 05:38